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Espèces d'oiseaux

Les premiers décomptes et inventaires des oiseaux de l'archipel datent de 1959, auxquels ont succédé des comptages annuels à partir de 1961. C’est en 1984 que le Groupe Ornithologique normand (GONm) a organisé les comptages annuels à son propre compte.  
La création d'une réserve ornithologique, par signature d’une convention avec la SCI  des îles Chausey propriétaire des îles et îlots,  a vu le jour en 1987.

Un patrimoine ornithologique exceptionnel...

Jusqu'à présent, parmi les 479 espèces d'oiseaux observables en France, ce sont 232 espèces qui ont été observées sur le site.

L’archipel de Chausey figure au rang des sites majeurs en France pour la conservation de plusieurs espèces d’oiseaux marins. Ceci explique sa désignation en tant que Zone de Protection Spéciale.

Les nicheurs...
Parmi les nicheurs, la ZPS constitue un site d’importance internationale pour le Cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis) avec environ 1000 couples. Un site est dit d’importance internationale lorsqu’il accueille au moins 1% de la population biogéographique totale d’une espèce, ce qui est donc le cas pour cette espèce. En période hivernale, l’espèce est également présente de manière conséquente.

Pour le Goéland marin (Larus marinus) et l’Huîtrier-pie (Haematopus ostralegus), l’archipel accueille une part significative des effectifs nationaux, avec respectivement 17% et 20% des effectifs nicheurs nationaux. Pour le Tadorne de Belon (Tadorna tadorna), le site est aussi d'importance nationale avec une cinquantaine de couples supposés.

 Les îles et les îlots permettent en outre la nidification de la Sterne pierregarin (Sterna hirundo), du Goéland argenté (Larus argentatus) pour lequel le site est d’importance régionale malgré une baisse constante des effectifs, du Goéland brun (Larus fuscus), et du Harle huppé (Mergus serrator), canard marin dont le seul site français de reproduction est ici !

 

 Les hôtes temporaires : les migrateurs...
Pour eux, l'archipel est une zone de transit entre les sites de reproduction et les zones d'hivernage : La plupart sont des espèces pélagiques, ce qui signifie qu'elles vivent en pleine mer. Parmi celles-là, citons l'emblématique hôte du milieu marin, le discret Océanite tempête (Hydrobates pelagicus) dont on soupçonne la reproduction dans le site sans que cela ait pu encore être démontré à ce jour.  La Sterne caugek (Sterna sandvicensis) est elle aussi très présente ne périodes de migration.

Parmi les limicoles (oiseaux échassiers qui se nourissent dans la vase), l’archipel est un lieu de halte important pour plusieurs espèces parmi lesquelles le Chevalier gambette (Tringa totanus), le Pluvier argenté (Pluvialis squatarola) et le Courlis cendré (Numenius arquata). Ces trois dernières espèces sont également présentes en période hivernale.

Fuir le froid hivernal....

Pour certaines espèces nichant dans le nord de l'Europe (Islande, Scandinavie, Sibérie) Chausey constitue un site d'hivernage pendant la délicate saison qui s'étend de novembre à mars.

Parmi celles-ci, deux espèces sont présentes en effectifs conséquents : la Macreuse noire (Melanitta nigra) avec 7 % des hivernants français et l’Eider à duvet (Somateria mollissima) dont la population hivernante peut représenter, selon les années, jusqu'à la moitié de la population française.

En mer....

Au delà de l’archipel stricto sensu, l’espace maritime entre la baie du Mont-Saint-Michel et l’archipel de Chausey est également connu pour accueillir des concentrations importantes d’alcidés (Pingouin torda et Guillemot de Troïl) en période estivale. Bien que les effectifs réels soient méconnus, il semble que cette zone marine accueille en particulier les oiseaux nés de l’année sur les sites de reproductions du littoral breton (Cap Fréhel en particulier) et ceux des îles anglo-normandes.

Enfin, le Fou de Bassan (Morus bassanus, photo ci-dessous) qui niche aux Sept-îles (au large des Côtes d'Armor), vient s'alimenter jusque dans les eaux comprises entre le plateau des Minquiers et la baie du Mont-Saint-Michel) et pénètre parfois à l'intérieur de l'archipel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Romain Vial