Mesures de gestion

Prés salés

La nécessité de mettre en place une gestion durable qui prenne en compte les fonctions écologiques multiples et complexes du marais salé est largement identifiée dans le cadre des documents d’objectifs Natura 20000 qui couvrent l’entièreté des espaces de marais salés de la Côte Ouest du Cotentin et de la Baie du Mont-Saint-Michel. Dans ce cadre, une gestion pastorale adaptée doit permettre d’associer économie et écologie et d’agir dans une optique de développement durable : pérenniser un milieu naturel et préserver des ressources afin de maintenir une activité d’élevage économiquement durable.


Bien que la couverture monospécifique de Chiendent maritime constitue le stade ultime du pré salé et que celle-ci soit le support de fonctions écologiques à préserver (reproduction de certains passereaux, par exemple), une gestion environnementale de l’herbu doit rechercher une mosaïque de végétation, préserver ses différents stades d’évolution (du pionnier au climacique) en vue de maximiser son potentiel écologique. On citera par exemple les fonctions assurées par le pré salé à différents stades ou états de conservation :

  • Végétation à Obione favorable à la reproduction des populations de Bar (Dicentrarchus labrax)
  • Faciès à Puccinellie maritime pâturée permettant l’hivernage de la Bernache cravant à ventre pâle

Si le pâturage ovin a fortement influencé l’évolution naturelle des prés salés, sa disparition entraînerait une accélération de celle-ci vers une surreprésentation de son stade ultime à l’effet globalement néfaste pour la biodiversité. D’un autre coté, les pratiques pastorales actuelles ont abouti à une intensification du chargement dans certains secteurs et à l’abandon de surfaces moins facilement exploitables au profit du Chiendent maritime. Le PAEC offre donc l’opportunité de réorienter les modalités d’utilisation pastorale des prés salés en permettant, par la réouverture de zones à Chiendent, une baisse de la pression de pâturage dans les secteurs sensibles.

Il a donc été identifié dans les cadres de gestion déjà existants (DocOb, avant-projets agroenvironnementaux, plans de gestion, etc.) quatre enjeux élémentaires pour une gestion durable des marais salés :

  • Limiter l’expansion du Chiendent maritime.
  • Maintenir les formations à Obione faux-pourpier et permettre leur redéploiement
  • Maintenir le pâturage sur une part significative des marais salés par une gestion pastorale adaptée au milieu.
  • Favoriser l’accueil et/ou le maintien de certaines espèces (Obione)

 

Depuis 2015, les éleveurs d'agneaux de prés salés de la côte ouest du Cotentin se sont ainsi engagés dans des Mesures Agroenvironnementales et Climatiques (MAEC) d'une durée de 5 ans. Ces engagements visent notamment à assurer un pâturage dirigé en complément d'opérations de broyage du Chiendent.

Une nouvelle séquence de contractualisation s'est opérée en 2017 et 2018. Vous pouvez consulter la dernière version du Projet agroenvironnemental et climatique des havres et de la Baie du Mont-Saint-Michel ici : PAEC Marais salés.